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Site de la Marche de Nice à Nantes - nouvelle adresse http://marche.nicenantes.nddl.info

2 janvier : Capendu - Carcassonne

January 4 2013 , Written by Site de la marche de nice à nantes en soutien aux militants de NDDL Published on #carnet de bord

Après la journée de repos du 1er janvier, passée à ranger le caveau de vigneron où nous avons si joyeusement festoyé et à discuter de plein de choses importantes, après avoir remercié nos hôtes, nous nous sommes retrouvés à 20 personnes environ le 2 janvier dans un petit matin frisquet mais clair devant la mairie de Capendu. Parmi les nouveaux venus Sorance, puis un peu plus tard Dominique et Claude-Marie.

Un petit mot d’abord sur ceux qui nous accueillent : si le premier geste de tous ces comités locaux qui nous logent et souvent nous préparent le dîner est la solidarité, il y a surtout derrière ce grand mot énormément de gentillesse et bien vite beaucoup d’amitié, des liens qui se tissent et de promesses de se revoir.

De Capendu le cortège s’est mis en route pour rejoindre le canal du midi, avec une petite pause musicale offerte par Pierre venu à notre rencontre. Jean-Marie portait allègrement ses 72 ans en tête du cortège pendant que des un peu plus jeunes comme moi traînaient la patte à l’arrière.

Très vite nous nous laissons envoûter par ce petit chemin au bord de l’eau, par ce paysage souvent sauvage ou encore par ces alignements de platanes centenaires qui se dorent au soleil hivernal. Nous avions encore en tête les chansons anarchistes portées par la belle voix grave de Jean-David, des chansons qui parlent de vignes, de luttes et de copains.

En marchant chacun avait envie de raconter ses souvenirs, d’écouter ceux des autres, de sentir dans nos oreilles la chaleur de paroles qui résonnent si bien avec nos propres idées, nos rêves et nos combats. Et d’éprouver aussi le bonheur d’avoir le temps pour tout cela.

A midi nous avons retrouvé la caravane et fait halte pour déjeuner. Franklin et Gaëtan nous avaient préparé un repas chaud et du café.

Ce fut l’occasion d’une petite discussion pour rappeler quelques règles élémentaires permettant d’éviter tensions et désagréments. Nous sommes tous différents mais tous des adultes responsables. Les décisions concernant la marche sont prises collectivement mais personne n’est forcé de s’y plier. Néanmoins, il va de soi que ceux qui ne souhaitent pas suivre ces décisions collectives devront alors se débrouiller par leurs propres moyens pour rejoindre la marche. Il a également été rappelé que le respect du sommeil des autres (marcheurs, hôtes ou habitants des endroits traversés) est une priorité.

Après le repas nous avons repris la route avec quelques nouveaux marcheurs, le long du canal jusqu’à Carcassonne. Annie et Alain, responsables locaux d’Accueil Paysan, nous y attendaient avec un délicieux goûter maison.

S’en est suivi une petite déambulation à travers les rues commerçantes de la ville basse. A vrai dire, si la ville est charmante, nous ressentions un puissant décalage entre l’intense expérience humaine et politique que nous vivions et de l’autre côté la froideur et la vacuité de l’ambiance consumériste du centre-ville en pleines fêtes de fin d’année. J’aurais aimé que l’on chante pour réveiller un peu le cœur de toutes ces passantes.

Après une interview et quelques photos, une partie du groupe a tenu à visiter la ville médiévale pendant que le reste du groupe allait se réchauffer à l’accueil offert par des carcassonnais eux bien chaleureux et pétillants.

Le local dit l’Espace-Temps est une ancienne boutique équitable arborant des faïences bleues, des banquettes orientalisantes et quelques mobiles au plafond évoquant des oiseaux migrateurs. L’écrin idéal pour le succulent couscous végétarien apporté par Anne-Marie.

Un grand merci au comité de soutien de Carcassonne de nous avoir trouvé ce lieu, sachant que la mairie PS avait comme toujours refusé de prêter la moindre salle. Le délit d’opinion n’est pas inscrit dans la loi mais s’observe facilement dans la pratique.

Pierre est revenu pour nous donner le la, d’autres hôtes ont sorti une guitare et un violon, le piano lui-même a poussé la chansonnette.

Ah, je dois avouer qu’il y a des moments où la résistance est bien jolie. Mais est-ce seulement la résistance ou bien finalement ce monde que nous voulons voir remplacer l’univers compétitif et robotisé des MacDo et des aéroports. Oui, si ce monde différent est ce que nous construisons en marchant comme sur la ZAD, je peux vous assurer qu’il est mille fois mieux et qu’il vaut la peine de le défendre. Parce que cela vaut la peine de vivre.

Ce matin j’ai fait mes au revoir à la marche car je devais rentrer chez moi. J’ai serré dans mes bras mes chers amis marcheurs et hôtes avec beaucoup d’émotion et de tendresse. Cela me fera toujours un immense plaisir de les recroiser à Notre-Dame des Landes ou sur d’autres luttes, d’autres marches, il reste tant à faire.

Merci surtout à Marie, Gilles et Franklin d’avoir été assez fous, assez libres et assez vivants pour lancer cette aventure que je quitte à regret avec un beau bagage dans la mémoire et sur le coeur.

Nadia

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